L’interview de début d’année

Du réveil à la tenue, de la vie privée à la vie pro, c'est l'interview-profil de la proviseure !

Prenez-vous un petit déjeuner ?

Un jus d’orange et citron (spremuta mista, en italien), avec un café sucré,rien d’autre.

Que faites-vous en arrivant au bureau ?

J’allume mon portable professionnel et je dis bonjour à tous mes collaborateurs via notre groupe de discussion. (Je suis ultra connectée)
Je descends faire la bise à mon assistante de direction qui arrive souvent avant moi, très tôt.
J’affiche mon agenda électronique.

Votre tenue de combat professionnelle ?

Un maquillage sur les cils et sourcils avec un rouge à lèvres nude ou corail sur un teint sable. Un tailleur avec un accessoire accrocheur, ou une tenue mode, je change de style tous les jours.

Où déjeunez-vous ?

J’essaie de me préserver entre 30 min et 1h chez moi dans le calme. C’est souvent difficile, la pause méridienne est le moment où les enseignants peuvent me voir, où les parents et les élèves sont disponibles.

Quelle est la place de votre vie privée ?

Je me rends disponible même pendant des horaires « privés », j’ai du mal à garder une étanchéité, dès que j’ai un problème humain à résoudre, je n’ai de cesse que lorsqu’il est résolu…et c’est souvent hors des chemins professionnels stricts qu’on trouve une solution.

Pensez-vous que, pour faire carrière, il faut choisir le bon partenaire de vie ?

Oui, j’ai trouvé un grand soutien auprès de mon mari lors de la préparation du concours de professeur qui marque le début de ma carrière dans l’Éducation Nationale. Les années m’ont appris à me faire confiance et à trouver la force et la motivation au fond de moi.

En quoi êtes-vous la plus douée ?

On m’a dit que les principales qualités d’un manager et surtout d’un chef d’établissement étaient sa capacité à prendre les décisions, celle d’être juste et d’animer une équipe. Décider et animer, j’adore ça, être juste, je m’y emploie le plus possible….

Les principes de management auxquels vous croyez ?

Faire confiance à ses collaborateurs, les laisser traiter un dossier à leur manière, ils vous apprennent à prendre les choses sous des angles différents.

Donner à chacun le travail qu’il aime faire et qu’il sait faire, permettre la montée en compétence par une formation professionnelle continue et créer une ambiance de travail bienveillante.

C'est une photo prise au mois de juillet à la Fondation Louis Vuitton, Takashi Murakami est un des mes artiste préférés, je fonds littéralement devant ses œuvres.

Les qualités professionnelles que vous admirez le plus ?

La prise de risque, la fiabilité et la loyauté.

Connaissez-vous le sentiment de solitude au travail ?

Oui, c’est inhérent à la fonction de direction. Il faut assumer d’être seule et éviter que cela ne vous pèse. Et à la fin des fins, c’est vous qui êtes responsable, si vous échouez collectivement, c’est vous qui échouez. D’ailleurs, j’ai l’habitude de dire à mes collaborateurs : vos erreurs sont mes erreurs.

Professionnellement, qu’est-ce que vous ne supportez pas que l’on dise de vous ?

Très peu de choses méritent de vous atteindre. L’indifférence est une qualité trop sous-estimée.

Le meilleur conseil professionnel ?

Allez-y, osez !

Souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ?

On a surtout voulu me le faire croire. Mais c’est un truc que je ne comprends pas, il faut lutter contre  car c’est un plafond de verre mental qui empêche les femmes  d’être des dirigeantes.